Dos au mur après deux défaites lors de ce Mondial 2026, les Lions du Sénégal affrontent l’Irak ce vendredi dans un match à tout ou rien. Une victoire, et l’aventure continue. Pape Thiaw et ses hommes ont choisi la révolte.
La dernière chance, mais une vraie
Il n’y a plus de place pour les calculs ni les regrets. Après les défaites face à la France (3-1) et à la Norvège (3-2), les Lions abordent cette troisième journée dans une position inconfortable. Zéro point, trois buts marqués, six encaissés, une différence de buts à -3. Le Groupe I n’a pas été tendre avec eux. Et pourtant. Il reste un match. Un seul. Et il suffit.
Face à l’Irak, qui partage exactement la même situation, deux défaites, aucun point, le Sénégal sait que la victoire est l’unique scénario acceptable. Mais une victoire nette, construite avec des buts, celle qui permettrait aux Lions de revendiquer leur place parmi les meilleurs troisièmes du tournoi et d’accéder aux seizièmes de finale. Ce n’est pas une mission impossible. C’est une finale. Et les Lions ont déjà disputé des finales.
Pape Thiaw y croit, et il le dit
À la veille de cette confrontation décisive, le sélectionneur national n’a pas cherché à fuir les questions ni à minimiser la pression. Il a regardé la situation en face, et il a parlé avec une conviction qui ne sonnait pas creux. « Après le premier tour, c’est une autre compétition qui commence. Mais essayons d’abord de nous qualifier. À partir de là, tout est possible. » Pape Thiaw a aussi rappelé ce qui anime profondément ce groupe depuis le début de cette aventure mondiale. « Cette génération a envie de faire mieux que celle de 2002, qui jusque-là a réalisé la meilleure performance du Sénégal en Coupe du monde. Cette génération actuelle veut écrire l’histoire de la plus belle des manières. »
Des mots forts. Des mots qui engagent. Et qui résument l’état d’esprit d’un groupe que le sélectionneur décrit comme réveillé, prêt à répondre par les actes. « Ça parle beaucoup, et c’est normal. Les gens sont déçus, nous le savons. Il faut l’accepter et répondre par une révolte sur le terrain. Nous y travaillons et nous sommes prêts. Nous allons tout faire pour gagner et poursuivre notre parcours. »
Un groupe de compétiteurs
La blessure d’Edouard Mendy, forfait pour cette rencontre, est la seule mauvaise nouvelle confirmée par le sélectionneur. Le reste du groupe est disponible, et selon Pape Thiaw, mentalement prêt à basculer dans une autre dimension. « Nous disposons d’un groupe de compétiteurs. Sur le plan psychologique, les joueurs savent gérer ce type de situation. Ils se sont relevés, ils ont tourné la page et savent parfaitement à quoi s’attendre demain. »
Sur Kalidou Koulibaly, pointé du doigt après ses difficultés lors des deux premières rencontres, le staff a assumé la décision de l’aligner. La question du rythme est reconnue, mais la confiance en l’homme reste entière. Le capitaine devra être à la hauteur de son statut ce jeudi. C’est aussi ce genre de rendez-vous qui construit ou qui révèle une légende.
Si d’autres africains l’ont fait, pourquoi pas eux
L’argument de Pape Thiaw n’est pas rhétorique. Il est ancré dans la réalité de ce Mondial. Le Maroc avance en toute sérénité dans le Groupe C. L’Afrique du Sud a obtenu une qualification historique. Le football africain est présent, vivant, compétitif à ce niveau. « Si d’autres équipes africaines ont réussi à se qualifier pour le prochain tour, pourquoi pas le Sénégal ? Nous avons les qualités nécessaires pour y parvenir. »
Cette phrase du sélectionneur n’est pas un aveu de faiblesse déguisé. C’est un constat lucide. Le Sénégal a des joueurs de haut niveau, des profils qui évoluent dans les meilleurs championnats du monde. La question n’a jamais été de talent. Elle a été d’efficacité, de bloc, d’intensité dans les moments qui comptent.
Demain est une finale
Pape Thiaw l’a dit sans détour : « Demain sera une finale. Ce sera un match très difficile face à une équipe très disciplinée tactiquement. Nous avons envie de continuer cette compétition. Et nous le prouverons demain. » Face à une équipe irakienne appliquée, organisée, difficile à manœuvrer, les Lions devront allier patience et tranchant. Gagner ne suffira pas si la victoire est étriquée. Avec une différence de buts à -3, il faudra marquer, encore marquer, pour espérer figurer parmi les meilleurs troisièmes du tournoi.
Mais avant les calculs, il y a le football. Et ce football, le Sénégal est capable de le jouer. L’aventure n’est pas terminée. Elle recommence.

