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CAN 2025 : Jackson bousculé par l’efficacité de Habib Diallo et Chérif Ndiaye

CAN 2025 : Jackson bousculé par l’efficacité de Habib Diallo et Chérif Ndiaye

À la Coupe d’Afrique des nations, les débats se déplacent vite. Titulaire lors des deux premiers matches, Nicolas Jackson a marqué, mais son manque d’efficacité alimente les critiques. En embuscade, Habib Diallo et Chérif Ndiaye affichent un rendement maximal. À l’approche des huitièmes, la concurrence au poste d’avant-centre devient un vrai sujet.

 

Jackson, un titulaire discuté malgré ses buts

Aligné d’entrée contre le Botswana puis la RDC, Nicolas Jackson a trouvé le chemin des filets avec un doublé lors du premier match. Mais derrière ces statistiques se cache une réalité plus nuancée. L’attaquant sénégalais fait partie des joueurs ayant manqué le plus de grosses occasions depuis le début du tournoi, avec deux opportunités franches non converties. Son apport collectif, lui, reste indéniable. Par ses déplacements, sa capacité à attaquer la profondeur et sa relation technique avec ses partenaires, Jackson pèse sur les défenses adverses. Mais dans une CAN qui entre désormais dans sa phase couperet, l’inefficacité dans le dernier geste devient un élément de jugement central.

 

Habib Diallo, le réalisme comme signature

Titularisé face au Bénin, Habib Diallo a répondu présent avec un but d’attaquant pur. Peu sollicité, mais toujours bien placé, il a fait parler son flair pour convertir une situation en but, sans multiplier les tentatives. Avant ce match, l’attaquant avait d’ailleurs tenu à calmer toute lecture conflictuelle de la concurrence. « Je le vis bien. Le dernier match, c’est moi qui jouais, donc Nico était sur le banc. Moi, je suis content qu’il joue. C’est une équipe. » Un discours collectif, mais qui n’efface pas la réalité du terrain : Diallo marque sans avoir besoin d’un volume important d’occasions.

 

Chérif Ndiaye, l’efficacité brute en sortie de banc

Aucun match débuté, deux entrées en jeu, deux buts. Le ratio de Chérif Ndiaye est implacable. Entré à la 78e minute contre le Botswana puis à la 88e contre le Bénin, l’attaquant a systématiquement trouvé la faille avec très peu de temps de jeu. Son attitude face au Bénin est révélatrice de son état d’esprit. Après avoir manqué une grosse occasion, Ndiaye s’est disputé le penalty avec Habib Diarra. Il assumera ensuite. « Je voulais tirer parce que j’avais raté une grosse occasion » affirme-t-il. Un geste qui traduit une volonté claire de marquer, encore, pour exister davantage dans la hiérarchie et peser dans les choix futurs.

L’efficacité, critère décisif à l’heure des choix

À ce stade de la compétition, le Sénégal n’est plus dans une phase de rodage. Chaque occasion manquée peut coûter une qualification. Si Jackson conserve une longueur d’avance par son apport global, ses concurrents directs affichent un argument redoutable : l’efficacité immédiate.

La question n’est donc plus seulement celle du statut, mais du rendement. Et face au Soudan, en huitièmes de finale, Pape Thiaw devra trancher : privilégier le volume et la continuité, ou récompenser la forme et le réalisme.

El Hadji Malick SARR (envoyé spécial à Tanger, Maroc)

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